9 July, 2020
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Simone Ségouin, résistante française à 18 ans

Celle que les américains surnommaient la « pin-up » de la résistance

Des membres de la Résistance française sont photographiés en pleine bataille contre les troupes allemandes pendant la Libération de Paris. Nous voyons un homme, dans une armée de fortune, à gauche et un jeune homme à droite. Puis, le plus frappant, nous voyons une femme en short, un haut à motifs et un calot militaire. La photo de cette jeune combattante deviendra un symbole de l’engagement des femmes dans la Résistance.

Elle s’appelait Simone Ségouin, également connue sous le nom de guerre Nicole Minet. Née à Chartres, Simone a rapidement su s’imposer comme la seule fille de la maison, au milieu de trois frères. Animée par un patriotisme inébranlable, et fière de son père, décoré pour avoir combattu pendant la Première Guerre mondiale, Simone rejoint les FTP en 1944. Alors âgée de seulement 18 ans.

La jeune fille a tué deux Allemands dans les combats de Paris deux jours et avait également aidé à capturer 25 prisonniers de guerre allemands pendant la chute de Chartres. En 1944, au plus fort de l’occupation nazie de la France, elle rejoint les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), une alliance combattante composée de communistes militants et de nationalistes français.

Simone Ségouin a participé à des actions armées contre des convois et des trains ennemis, des attaques contre des détachements allemands, des actes de sabotages, etc. Dans son édition du 26 août 1944, le journal français Independent Eure-et-Loir la décrit comme « l’un des plus purs combattants de la Résistance française héroïque qui a préparé la voie de la libération ». Elle était présente à la chute de Chartres, le 23 août 1944, et à la Libération de Paris. Elle est promue lieutenant et reçoit la Croix de guerre.

Malgré sa grande détermination et la médiatisation rapide de son action au sein de la résistance, Simone Segouin évoque toujours son parcours avec une grande humilité : « Je combattais pour la résistance, c’est tout. Si je devais recommencer, je le ferais, car je ne regrette rien. Les Allemands étaient nos ennemis, nous étions Français » assure-t-elle, citée par le quotidien britannique The Daily Mail.

Simone est devenue infirmière pédiatrique à Chartres, où ses exploits pendant la guerre l’ont rendue très populaire. Malgré ses années de guerre, Simone a toujours été consciente de la difficulté pour les femmes de jouer un rôle dans la Résistance. Elles ne représentaient qu’un peu plus de dix pour cent de la résistance, et la majorité d’entre elles étaient confinés à des rôles non combattants. Mais leur présence a néanmoins contribué à forcer un changement dans la façon dont les femmes sont traitées.

Cependant, Simone Segouin ne fut pas la seule femme à prendre les armes contre les Allemands en Eure-et-Loir. Roger Joly, historien chartrain ayant pris part aux combats de la libération de la ville, rappelle que Madame Cohade, plus connue sous son nom de jeune fille d’Olga Pauchet, fit elle aussi le coup de feu lors de la libération de la capitale beauceronne. Mais l’Histoire avec elle a été plus ingrate !

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