6 June, 2020
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Roland Garros : Femmes VS Hommes, un chèque partout !

Pourtant les sports féminins ne représentent que 0,4% du total des sponsorings

On nous dit que les athlètes féminines sont moins payées que les hommes parce qu’elles génèrent moins d’argent. Mais ce sera toujours le cas des sports féminins s’ils ne sont pas exploités convenablement.

Dans le sport féminin, on parle essentiellement de la question des disparités salariales. On le sait, elles gagnent moins que les hommes. D’autant plus injuste que ces athlètes doivent souvent travailler à temps plein en plus d’être des athlètes à plein temps…

L’équipe de football féminine américaine a décidé de faire bouger les choses et a placé le sujet de l’égalité au premier plan ces dernières années. Et pour cause. Alors qu’elle avait remporté la Coupe du monde en 2015, elle avait été payée le quart de ce qu’avait touché l’équipe masculine qui était assez minable. Et pourtant, elles avaient généré 20 millions de dollars de profits supplémentaires cette année-là.

L’équipe nationale féminine a donc fait adopter une loi sur la discrimination salariale et a perçu des avancées significatives : bonus augmentés, meilleures indemnités journalières, meilleures indemnités de déplacement, aide financière accrue pour les joueuses enceintes ou les adoptantes.

Mais il fallait aller plus loin.

En mars, l’équipe féminine a porté plainte contre « US Soccer » (fédération américaine de football), pour discrimination fondée sur le sexe. Car ces instances s’étaient concentrées sur les inégalités de rémunération. Mais elles avaient ignoré un autre aspect du problème, et pas des moindres : celui de la commercialisation et de la promotion. Sans commercialisation et sans promotion, moins de fréquentation, moins de ventes de produits dérivés.

Il existe un sexisme pratiquement systématique, chronique, structurel dans les sports, quels qu’ils soient.

Elena Delle Donne, joueuse de Washington Mystics (ligue de basket féminine), déclarait l’année dernière : « Chez les femmes, il n’existe aucune promotion comparable à celle de nos homologues masculins. Oui, je parle de la NBA. Lorsque vous investissez des millions de dollars dans le marketing des athlètes, permettant ainsi aux fans de connaître un joueur, ces adulateurs  développent un lien avec ce joueur. Ils veulent le suivre, en savoir plus sur lui.  Comment va-t-on apprendre à me connaître ou à connaître l’une de mes partenaires si aucun sponsor, média nous regarde ? »

Et ce ne sont pas seulement les instances dirigeantes qui doivent s’engager et donner plus de moyens pour promouvoir les ligues féminines. Nous devons également examiner les sociétés sponsors. Selon un rapport de Statista (portail en ligne offrant des statistiques issues de données d’instituts, d´études de marché et d’opinion) de 2018, les sports féminins ne représentent que 0,4% du total des sponsorings.

Lorsque nous examinons ces chiffres, comment pouvons-nous nous attendre à ce que les femmes puissent jouer à jeu égal avec les hommes ? L’équité salariale est certes un sujet brûlant, mais dans le sport féminin, il est pertinent de commencer à regarder tous les obstacles mis en place pour empêcher les femmes de franchir la ligne d’arrivée.

La vérité est que les sports féminins n’atteindront pas la parité si les barrières qui les retiennent demeurent. Nous pouvons parler d’équité salariale mais dans la très grande majorité des cas, si nous n’investissons pas de manière égale dans la commercialisation et la promotion de ces athlètes femmes, le match est perdu d’avance.

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