18 November, 2019
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Qui était Virginia Johnson, la véritable « Master of Sex » ?

Virginia Johnson, une féministe… désabusée.

Il faut replonger dans les années 60 et l’Amérique conservatrice. Le plaisir sexuel est encore un continent obscur.

Virginia Eshelman, indépendante et libérée, dotée d’un charisme débordant et d’un incroyable sex-appeal : « J’aimais pourvoir être tout ce qu’un homme voulait que je sois. » se souvient-elle dans le New Yorker.

Elle est encore célibataire lorsqu’elle commence à travailler à l’hôpital universitaire de Washington à St Louis, en 1956. Elle interrompt alors sa carrière de chanteuse de nightclubs pour un travail de secrétaire auprès du  gynécologue réputé William Masters. Ce sera le début de sa carrière de chercheuse, et la poursuite de ses aventures personnelles. Deux mariages et deux divorces, des enfants qu’elle élèvera seule, une réputation sulfureuse auprès des femmes et mythique auprès des hommes.  

Une carrière de femme émancipée

C’est son parcours de femme à l’aise dans son corps et à l’esprit libéré qui a fait d’elle une légende. Agile et intelligente, la secrétaire change de statut au fil de son travail avec le gynécologue dont elle devient l’assistante. Elle est vite désignée co-chercheuse et voit son nom inscrit sur l’étude.

En 1973, elle devient codirectrice du Masters and Johnson Institute , un institut fondé pour améliorer la sexualité des couples. Être une femme émancipée n’a pas toujours été la partie de plaisir mise en scène dans la série. Le New Yorker rapporte les regrets de l’héroïne du sexe, confiés quelques années plus tôt à Thomas Maier. S’impliquer dans l’étude avec William Masters lui a certes permis d’y être associée à son égal. Ou d’être aujourd’hui encore considérée comme celle qui a offert l’égalité sexuelle aux femmes. Mais beaucoup de sacrifices ont été nécessaires. « Bill a tout fait, je ne voulais pas de lui… J’avais un travail et je voulais le garder. » Sans avoir jamais été forcée à avoir des relations sexuelles avec William Masters – qu’elle épousera au début des années 70 –Virginia s’est donnée corps et âme à son étude.

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