7 July, 2020
HomeJe m'informePourquoi les hommes continuent-ils de vivre moins longtemps que les femmes ?

Pourquoi les hommes continuent-ils de vivre moins longtemps que les femmes ?

Mais cela n’en a pas toujours été ainsi…

Les femmes continuent de vivre plus longtemps que les hommes, c’est le constat que dresse le dernier rapport démographique de L’Insee publié mardi dernier, un rapport annuel, qui détaille les évolutions de la population française. Alors que l’espérance de vie continue d’augmenter, le rapport pointe une inégalité entre les hommes et les femmes qui subsiste.

Historiquement, ce n’est qu’à partir des années 1915 que l’espérance de vie des femmes a dépassé celle des hommes. Une bascule directement imputable à la baisse spectaculaire de la mortalité en couches et à l’équilibre concernant l’accès aux ressources alimentaires et aux soins entre les deux sexes.

« L’espérance de vie à la naissance est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes » en 2019, écrit l’Insee. En l’espace de dix ans, les hommes ont gagné deux ans d’espérance de vie.

L’espérance de vie des femmes françaises est l’une des plus élevées de l’Union européenne, (l’Espagne devançant la France avec une moyenne de 86,1 ans.) L’espérance de vie des hommes en France se situe à peine au-dessus de la moyenne de l’Europe.

Une telle différence entre les hommes et les femmes s’explique par des raisons biologiques, mais également par des comportements qui diffèrent face à la santé.

Des raisons biologiques

Pour expliquer une telle différence, des thèses biologiques sont avancées. Ainsi, les hommes souffrent plus de maladies mortelles que les femmes. Ils sont plus nombreux à développer des maladies cardiaques. « Les cellules des femmes produisent moins de radicaux libres, ces molécules qui participent au vieillissement », explique le magazine Science & Vie.

Les femmes disposeraient également d’un avantage génétique grâce à leurs deux chromosomes X, en cas de mutation des gènes. « Vous pouvez choisir le gène le plus robuste, ce qui n’est pas le cas pour les garçons, qui sont XY », explique le Pr Athanase Bénétos.  

La taille en question

La taille des femmes, en moyenne moins importante que celle des hommes, est également en question. La division cellulaire augmente en fonction de l’importance de la croissance. C’est lors de la division cellulaire que les individus sont exposés au vieillissement. Mathématiquement, un nombre plus important de cellules expose à plus de risques de voir l’une de ces dernières devenir cancéreuse, détaille Science & Vie.

Des comportements masculins à risque

La surmortalité des hommes s’explique également par des comportements à risque. Ils sont ainsi plus nombreux à fumer. « Les taux nationaux de mortalité due au cancer du poumon chez les hommes dépassent de loin les taux correspondant chez les femmes parce que l’habitude de fumer est considérée comme une caractéristique de masculinité séduisante, tandis qu’elle est désapprouvée chez les femmes et considérée comme un comportement peu féminin », explique l’Organisation Mondiale de la Santé.

Ils sont également plus nombreux à boire de l’alcool, ou à présenter des comportements à risque en voiture. Le taux de décès par suicide est également plus fort chez les hommes que chez les femmes. Enfin, les hommes exercent plus souvent des métiers à risque pour la santé.

Plus d’attention portée à la santé par les femmes

Du fait de l’éducation différente dès l’enfance, les femmes porteraient plus d’attention à leur santé et hésiteraient moins à consulter un professionnel en cas d’apparition de symptômes. Selon l’Observatoire des inégalités en France, ce constat a cependant tendance à perdre en justesse. « C’est la rançon de l’égalisation des conditions : les modes de vie des femmes se rapprochant de celles des hommes, les écarts d’espérance de vie entre les sexes se réduisent logiquement « .

Share