9 December, 2019
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Natalia Goncharova

L’aristo russe devenue artiste radicale

Natalia Goncharova (1881-1962) est la plus expérimentale des artistes russes du XXe siècle. Elle a absorbé tous les styles de son époque, de l’imagerie populaire et de l’icône religieuse au mouvement futuriste, en passant par l’impressionnisme ou le cubisme. Elle a touché à différentes formes d’art : la peinture  – des nus féminins, des scènes paysannes, des paysages urbains -, mais aussi l’illustration de livres ou le design dans la mode.

Son partenaire de toujours, peintre lui-aussi, Mikhail Larionov, a décrit son style et son sujet en constante évolution comme du  »  toutisme « . « Toutisme » ou l’art de toucher à tout. Sur le papier, cette approche peut sembler floue, mais une nouvelle exposition de l’œuvre de Goncharova à la Tate Modern de Londres prouve le contraire. Première rétrospective de Goncharova au Royaume-Uni, elle rassemble 500 œuvres brutes et dynamiques qu’elle a produites au cours des premières décennies du siècle dernier. Ensemble, elles brossent le portrait d’une artiste vraiment originale.

Née dans une famille d’aristocrates appauvris en 1881, Goncharova passe ses premières années dans des domaines ruraux en Russie, où elle est influencée par la vie et la culture de la paysannerie locale. À l’âge de 11 ans, elle et sa famille déménagent à Moscou.

Neuf ans plus tard, elle s’inscrit à l’école de peinture, de sculpture et d’architecture, où elle rencontre Larionov. Ascension fulgurante dans l’avant-garde artistique.

En 1913, à l’âge de 32 ans, une grande rétrospective lui est consacrée à Moscou, dont le catalogue s’élève à près de 700 numéros. Elle est présentée en 1914 au Salon des indépendants à Paris, grâce à l’appui de Sonia et Robert Delaunay.

Goncharova conçoit également des costumes colorés et des décors de théâtre pour des troupes de théâtre et de danse, dont la célèbre troupe nomade de Sergei Diaghilev, les Ballets Russes.

Elle et Larionov quittent la Russie en 1915 pour parcourir l’Europe avec eux. Refusant de rentrer en Russie après la révolution et la guerre civile, ils s’installent à Paris en 1919. À partir de là, Goncharova expose son travail en Europe et aux États-Unis.

La guerre et l’après-guerre l’enfermeront dans la pauvreté et l’oubli. Il faudra attendre 1954 pour que l’on recommence à parler d’elle, à Londres.

Elle décédera à l’âge de 81 ans en 1962.

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