10 December, 2019
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Le monde merveilleux de la plage…

Une vue de sable immaculé caressée par le clapotis d’une mer transparente, limpide.

Ça y est, vous allez partir en vacances au bord de la mer. Ouf, cool, youpi… enfin derrière vous : tous les emmerdes du quotidien, les dossiers chiants au bureau, les courses effrénées pour aller déposer et rechercher vos enfants à l’école ou à la crèche, les paperasses scolaires à remplir, les réunions de boulot qui n’en finissent pas, les embouteillages… et j’en passe (car la liste est longue !)

Oui, ça va être le Nirvana. Vous vous imaginez déjà en maillot, les doigts de pieds en éventail sur le sable chaud, allongée sur votre jolie fouta achetée au Monop, juste avant de partir ; vous prélassant sous votre mini-parasol, le corps enduit de crème solaire (indice 50 quand même). Et surtout vous vous dites que ça va être tellement bon de ne RIEN faire dans un calme absolu. Vous n’aurez juste à penser quel maillot vous allez porter aujourd’hui et quelle paire de tongs vous allez mettre entre vos pieds manucurés.

Ah, le mot plage fait tellement rêver !

D’ailleurs, c’est une photo de plage paradisiaque qui vous sert de fond d’écran toute l’année. Hé oui, dans la grisaille hivernale, la seule image qui détend, c’est toujours une vue de sable immaculé (sans personne dessus), caressée par le clapotis d’une mer transparente, limpide.

On a tous en nous une envie de vivre comme Robinson Crusoé, une feuille de bananier en guise de bikini, SEUL ou SEULE  (faut que je vous précise une chose : je déteste  » l’écriture inclusive « , je trouve ça hideux. Je ne sais pas si c’est une bonne chose de combattre les stéréotypes sexistes en remaniant l’orthographe. C’est moche d’écrire :  » vacancier-ères-s « , c’est chiant, ça ne met pas le mot en valeur… bref, c’est pas le sujet, mais je voulais quand même le signaler).

Donc, j’en étais où ? Ah, oui, on s’imagine déjà SEUL ou SEULE sur une île déserte… comme ça doit être bon !

Mais comme vous n’avez pas les moyens de partir cet été dans les îles Moustique ou aux Maldives, vous ferez avec sur la grande plage de Carnac ou sur cette jolie plage de Ty-Bihan.

Malheureusement, souvent la vraie vie ne ressemble pas vraiment aux rêves.

En juillet et août, la plage est loin (très très loin !!!) d’être déserte. Et surtout si vous choisissez la Bretagne. Merci la canicule !!!

Vous débarquez enfin sur le sable avec votre jolie fouta, vos tong “ so chic “, votre paréo trop beau… et devant vos yeux : c’est le cauchemar. Pour trouver un petit coin de paradis, c’est le parcours du combattant. Il faut enjamber des corps de toutes les formes, des serviettes, des parasols, des matelas, des bouées flamant-rose fluo, des châteaux de sable, des glacières immondes, des chaises pliantes, des paddles, des palmes, des seaux et pelles, des jeux de boules, des bateaux gonflables… bon, j’arrête la liste. Tout ça pour dire que vous avez l’impression de rentrer dans un magasin GIFI… (Désolée pour ceux ou celles qui aiment cette marque d’objets en plastiques remplis de solvants, fabriqués par des petites mains sous-payées).

Et quand, enfin, vous trouvez un petit carré sur lequel vous pouvez vous étaler, le cirque continue… entre les enfants qui se poursuivent en se jetant des algues sèches, ceux qui hurlent car leur pain au chocolat est tombé dans le sable… et je continue… les ados qui s’aspergent d’eau pour se marrer, les autres qui jouent au volley à deux centimètres de votre tête, la gentille petite famille qui joue aux jeu de quilles Finlandaises, juste devant vos doigts de pieds… Aaaaaaaargh, au secours !!!!

Elle est où la plage de Robinson Crusoé ????

Dépitée, vous reprenez votre fouta, vous coincez illico vos pieds dans vos tongs et vous vous dirigez (sans vous précipiter, car courir avec des tongs c’est pas fastoche) directement au Yacht-Club afin de louer un petit voilier pour enfant, qui porte un si joli nom : “ L’Optimiste “. Sur cette petite embarcation vous allez pouvoir ENFIN savourer un bon moment de détente… SEULE au monde, comme Robinson.

Bonne vacances à la plage… et restez optimistes !

Véronique Grisseaux (scénariste)

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