12 November, 2019
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La Taxe Rose, l’impôt spécial FEMMES !

Les femmes paient en moyenne 1 200 euros par an juste parce qu’elles sont des femmes.

Malgré toutes les avancées réalisées en matière d’égalité entre les sexes, il est encore difficile d’être une femme en 2019. On le sait : en France, à poste équivalent, elles gagnent 18,5 % de moins que les hommes, selon l’Institut de recherche sur les politiques concernant les femmes.

Elles gagnent moins et pourtant elles paient plus cher certains services ou produits de consommation courante. C’est ce qu’on appelle la « Taxe rose » : la différence de prix entre les produits étiquetés pour les femmes et ceux étiquetés pour les hommes, même s’ils sont identiques. Seules leurs couleurs les différencient : d’un côté un packaging rose, destiné aux femmes, de l’autre un packaging bleu, destiné aux hommes. Du marketing genré. Résultat : en 2012, une enquête du magazine « Forbes » permet de conclure qu’être une femme aux Etats-Unis coûte en moyenne 1400 dollars de plus par an par rapport aux hommes. Sherry Baker, présidente du développement et du marketing de produits cosmétiques, qui a lancé la campagne #AxThePinkTax, fait les comptes : « À l’âge de 30 ans, une femme a été dépouillée de 36.000 euros.»

Quelques exemples de cet « Impôt rose »

Les produits de soins : shampooings et revitalisants, rasoirs, lotions, déodorants, gels pour le corps et crèmes à raser.

Les vêtements : taux de marge plus élevé chez les femmes.

Le nettoyage à sec : plus cher pour les femmes que pour les hommes pour des vêtements comparables.

Les jouets, les vélos, les scooters, les sacs à dos, les casques, les objets d’artisanat.

Les prêts hypothécaires : ils coûtent plus cher aux emprunteuses qu’aux emprunteurs.

Les coupes de cheveux : les femmes paient davantage pour une coupe équivalente.

Les produits de soins de santé pour personnes âgées et à domicile : les supports et les appareils orthopédiques, les cannes, les chaussettes de compression, les produits pour incontinence et les produits de santé digestive coûtent plus cher aux femmes âgées qu’aux hommes.

La « Taxe tampon »

Autre sujet de discorde, les taxes sur les protections hygiéniques. Il a fallu se battre en France pour qu’on les considère enfin comme des « produits de première nécessité. » (Elles étaient auparavant considérées comme des « produits de luxe » !) En 2015, grâce à une campagne impulsée par le collectif féministe « Georgette Sand », les députés ont voté une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 %. Bilan mitigé, 4 ans plus tard. Les fabricants en ont profité pour augmenter leurs marges… un cadeau pour les marques. Les prix n’ont pas changé.

L’histoire de la « Taxe rose »

La taxe rose n’est pas nouvelle. En fait, cela fait des décennies que les états ont élaboré ce système de taxe (entre les années 1930 et 1960). « C’était un monde très différent à une époque où les législateurs cherchaient quels produits taxer et lesquels exempter », souligne Laura Strausfeld, cofondatrice de « PeriodEquity.org. » « C’était un monde où prédominaient des familles à revenu unique, les hommes travaillant et les femmes restant à la maison. » En d’autres termes, jadis, ces dépenses étaient à la charge du ménage. Aujourd’hui, elles sont souvent portées par des femmes seules. Cette notion d’impôt rose découle des progrès réalisés par les femmes sur le marché du travail et qui supportent individuellement le coût de la condition féminine.

Il existe d’autres explications. Les droits de douane sur les importations de vêtements pour les femmes sont plus élevés. La conception des produits de consommation destinés aux femmes est parfois plus élaborée.

Comment lutter contre la « Taxe rose »

Il existe plusieurs moyens de lutter. La première consiste à utiliser votre budget au profit des entreprises qui s’y opposent. Vous pouvez aussi choisir de vous rendre directement au « Rayon Hommes » pour acheter vos rasoirs ou déodorants. Mais si vous souhaitez que l’État supprime la taxe rose, contactez vos députés ou lancez une pétition sur les réseaux sociaux…

Avez-vous déjà fait le calcul du montant que vous payez à cet impôt malicieux ?

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