9 July, 2020
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La famille, foyer d’inégalités

Notre cocon familial est-il un nid de valeurs égalitaires ?

Comment faire de sa maisonnée un haut lieu d’égalité durable, quand dehors tout contribue à nous faire croire que rien n’est plus confortable que les valeurs dites traditionnelles, que rien n’est plus « naturel » que les stéréotypes de genre?

École, voisins, télé, Web : la société véhicule, entretient, voire valorise les stéréotypes sexistes. Pas facile pour les (rares) familles qui souhaitent transmettre des valeurs égalitaires à leurs enfants. Or, les spécialistes s’entendent pour dire que les stéréotypes de genre ont un effet néfaste sur le développement des enfants, filles et garçons. Hypersexualisation, banalisation de la violence, misogynie font partie des répercussions possibles…

La vraie question, c’est : donnons-nous à nos filles et à nos garçons les mêmes racines, les mêmes ailes?

La réponse : non, dans la grande majorité des cas.

Essentiellement parce que nous ne sommes pas toujours conscients de nos comportements et attitudes inégalitaires, comme l’explique l’article Stéréotypes en milieu familial. Un texte de Melina Schoenborn qui ne vise surtout pas à culpabiliser les parents, mais bien à leur donner des outils qui leur permettront de prendre conscience des stéréotypes que nous véhiculons tous et, surtout, d’adopter de bons réflexes en matière d’égalité.

Papas féministes

Comme les femmes ne peuvent pas tenir seules le fort de l’égalité, nous nous devons aussi nous questionner sur le rôle du père au sein de la famille. Le nombre de papas soucieux de transmettre des valeurs égalitaires à leurs enfants est-il en hausse? Difficile à dire. On peut en trouver, et il est très intéressant de discuter avec eux, de voir quelle approche éducative ils privilégient avec leurs fils, leurs filles. Et de découvrir les aspects bénéfiques d’une éducation donnée par un père présent, impliqué, qui s’oppose ouvertement à toute forme d’inégalité des sexes ou de violence faite aux femmes.

Un trou dans l’arbre généalogique

Autre question à laquelle ce dossier a souhaité répondre : Qu’est-ce qui explique qu’aujourd’hui, au moment de choisir le nom de famille de l’enfant chéri qui vient de naître, de nombreux jeunes parents écartent d’emblée celui de la mère? La tendance du double nom, très à la mode dans les années 1980, s’essouffle grandement. Certes, le nouveau nom peut être incommode. Mais comment expliquer que l’unique nom de famille maternel ne soit pas plus populaire? La tradition pèse-t-elle encore si lourd dans la balance? Peut-être que le choix du nom des enfants devrait faire davantage l’objet d’une réflexion sur le plan social… et féministe.

Le vrai exemple de l’égalité à la maison ? L’Islande, qui a mis en place un congé parental de neuf mois dont un tiers est réservé à la mère, un tiers au père et un tiers partageable entre les deux, avant les 18 mois de l’enfant, chaque partie étant perdue si elle n’est pas prise par son destinataire. Selon les premières statistiques, ce dispositif serait efficace puisque les pères islandais prendraient déjà 30 % du total disponible, soit quatre-vingt-trois jours. »

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