7 December, 2019
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La cyber-surveillance : une menace croissante pour les femmes

Portable, tablette, télévision, caméra… Nouveaux espions du couple !

La cyber-surveillance est une menace majeure, en particulier pour les femmes et les jeunes filles. Étant donné la facilité d’accès à Internet, aux logiciels espion ou aux traqueurs en vente libre, cette nouvelle forme de violence à l’égard des femmes devient une préoccupation croissante.

Les appareils utilisés pour la cyber-surveillance sont généralement connectés les uns aux autres et à un appareil ou une application permettant de les contrôler. Par exemple, vous pouvez avoir un téléviseur connecté à Internet que vous pouvez gérer depuis une application de votre téléphone portable. Ou des appareils tels que des caméras qui peuvent être connectées à un réseau et pilotés à distance avec un autre appareil (comme votre ordinateur ou votre téléphone). Ces dispositifs et systèmes offrent des outils que vous pouvez employer pour améliorer votre sécurité ou votre confort. Certains vont les utiliser pour vous surveiller…

L’abuseur domestique est une personne que l’on connaît intimement, ou un membre de la famille, qui emploie des moyens technologiques afin de surveiller tous vos faits et gestes.

Ainsi la technologie est-elle de plus en plus utilisée par les abuseurs domestiques pour piéger, contrôler ou traquer leurs victimes.

Ainsi cette femme, que nous appellerons Hélène, harcelée par son ex-mari à l’aide de l’ordinateur familial. « C’était comme si je ne pouvais pas m’éloigner de lui. Il m’a fallu près d’une vingtaine d’années avant de réaliser ce que je vivais », dit-elle. Elle se réfugie alors dans un abri sécurisé. Mais son ex la rattrape. Ce jour-là elle a rendez-vous avec une amie, en a consigné la date et l’heure dans son agenda Gmail sur son ordinateur. Pas le lieu. « Mon ex-mari a sauté sur moi », dit-elle. « Tout à coup il était là et j’ai été choquée, horrifiée. » Il m’a dit : « Je t’ai trouvée, je t’ai maintenant. » Hélène et son amie ont réussi à s’enfuir. « J’avais déménagé dans une ville complètement nouvelle, à des kilomètres et des kilomètres de là. Je n’avais aucun lien avec cet endroit, il n’y avait aucune raison qu’il sache où j’étais.» Il a cessé de la suivre.

Comme un thriller

Aux Etats-Unis, l’association « Refuge » prend en charge des femmes chaque jour, victimes de cyber-violence. Environ 95% de tous ces cas de violence domestique impliquent de tels abus. L’organisme de bienfaisance a lancé un service, en partenariat avec Google, pour aider ces femmes à utiliser leurs appareils en toute sécurité et à reprendre le contrôle de leur vie.

Louise Ashwell, une assistante sociale de cette unité de traitement des abus technologiques, aide les personnes qui pensent que leurs partenaires utilisent cette technique pour les surveiller. « Beaucoup de femmes nous disent : « Je vais à la police mais ils pensent que je suis folle », dit-elle. « Comme dans un thriller ou un film policier. »

Les abus peuvent devenir très angoissants pour les victimes, qui sont parfois des enfants. « Les enfants rentraient à la maison sans avoir vu ces petits traqueurs cousus dans la doublure de leur manteau, cousus dans la doublure d’un jouet ou de leur ours en peluche », explique Louise Ashwell.

Violence physique

Mais l’abus commence souvent dès le début d’une relation.

Une femme, Marie, raconte que son ex-partenaire a utilisé leur téléviseur « intelligent » pour l’espionner. Elle s’en rend compte lorsqu’il lui reproche de ne pas répondre à un appel télévisé sur Skype alors qu’elle est assise sur son canapé. Comment le saurait-il sans un logiciel espion ? « Il pouvait me regarder et m’espionner », dit-elle.

Le partenaire de Marie était également violent physiquement… et a finalement été envoyé en prison pour l’avoir agressée.

C’est un motif que « Refuge » a identifié. Leur base de données montre que 68% de tous les cas d’abus de technologie impliquent également de la violence physique. « Ce qui est inquiétant, c’est que nous constatons que les victimes de ce type de violence courent le plus grand risque d’être gravement blessées ou même de se faire tuer ».

Hélène et Marie ont réussi à échapper à leurs ex.

« Il a fallu que j’aille dans un asile pour réaliser toute la violence qui m’a été infligée. Puis le voyage a commencé vers ma nouvelle vie. »

Sans psychose aucune, mais quel est votre  » degré  » de surveillance ?


            

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