20 January, 2020
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Historiquement, les femmes avaient la liberté sexuelle

L’exclusivité sexuelle pour les femmes est un concept nouveau

On croit, à tort, que les femmes ont toujours subi le joug masculin. Qu’elles n’ont jamais connu la liberté sexuelle. Qu’elles ont toujours été monogames, dévouées aux désirs des hommes, condamnées à se taire.

Dans l’histoire de l’humanité, et jusqu’à une période relativement récente, c’est tout le contraire.

Sociétés matrilinéaires

Encore aujourd’hui, on trouve des sociétés matrilinéaires. Des sociétés où l’héritage se transmet par la mère. Où les femmes vivent leur vie amoureuse comme elles l’entendent. Il en existe 6 actuellement. Dans plusieurs tribus indigènes d’Amérique du sud, réparties sur tout le continent, on pratique toujours la « paternité partielle ». Une femme peut avoir des rapports sexuels avec plusieurs hommes, qui deviendront tous pères de leurs enfants. Chez les Na, en Chine, il n’y a pas de mariage formel et la paternité n’est pas reconnue du tout. Chacun vit dans la maison de sa mère ou de sa grand-mère et aide à élever les enfants qui y résident. Les hommes aident à élever les enfants de leurs sœurs et cousines mais pas leurs propres enfants biologiques parce qu’ils ne vivent pas avec eux.

Histoire de l’humanité

Aux débuts de l’humanité, nous vivions dans de petits clans nomades de 20 à 50 personnes. Seul comptait le bien-être de la tribu. On partageait le fruit des chasses. Il n’y avait pas de relations exclusives. Les chasseurs-cueilleurs s’occupaient de tous les enfants nés dans le groupe, quelle que soit leur paternité. La communauté primait sur l’individu.

Comme l’écrit l’écrivain, journaliste et essayiste américain Tanner Vollmann, « Le patriarcat en tant que système social omniprésent n’a que de 6 à 9 000 ans. Auparavant, la plupart des humains vivaient dans des communautés pacifiques, largement égalitaires et matrilinéaires. L’archéologie et l’anthropologie montrent que les tribus du Paléolithique avaient adopté ce mode de vie, qui s’est poursuivi au Néolithique, la période la plus récente de la Préhistoire, qui commence vers 8 000 avant J.-C. au Proche-Orient, dans le Croissant fertile, avant d’atteindre la Grèce puis la Chine et prend fin avec l’âge de bronze, vers 3000 ans avant J.-C. en Anatolie.

Des cultes sont organisés dans des temples dirigés par de puissantes prêtresses, qui possèdent souvent la plupart des terres arables et tiennent les registres de la communauté. Des rites sexuels y sont organisés. Des femmes y font l’amour, elles sont considérées comme des femmes « sacrées »,  « sanctifiées », « sans souillure. »

Même si 6 000 ou 10 000 ans, c’est long, c’est peu au regard de l’histoire de l’humanité. Et il est important de comprendre que d’autres modes de vie que le patriarcat ont existé et existent encore.

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