30 March, 2020
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Gala Dali : femme libre et muse surréaliste

Dali et Gala – L’histoire d’amour

Il existe ce fameux dicton qui nous rappelle que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. C’est sans doute le cas de l’histoire de Salvador Dalí et Gala, son épouse, sans qui Dalí ne serait jamais devenu une icône de l’art moderne.

Le vrai nom de Gala était Helena Ivanovna Diakonova. Elle avait 10 ans de plus que Dalí et quand ils se rencontrèrent en 1929, elle était mariée au poète Paul Eluard et mère d’une petite fille. Elle a également eu comme amant Max Ernst, qui l’a peinte dans un certain nombre de portraits.

Leur rencontre est un coup de foudre. Dans sa « Vie secrète », Dalí écrit : « Elle était destinée à être ma Gradiva, celle qui avance, ma victoire, ma femme ». Le nom Gradiva vient du titre d’un roman de W. Jensen, dont le personnage principal était Sigmund Freud. Gradiva est l’héroïne du livre et c’est elle qui guérit psychologiquement le personnage principal.

Elle devient immédiatement sa muse. Gala est un modèle fréquent dans l’œuvre de Dalí, souvent dans des rôles religieux tels que la Bienheureuse Vierge Marie dans le tableau « La Madone de Port Lligat. »

Au début des années 1930, Dalí commence à signer ses toiles avec le nom de sa femme : « C’est principalement avec ton sang, Gala, que je peins mes peintures ». Gala devient son agent, luttant très énergiquement pour ses droits auprès des galeristes et des acheteurs. Elle utilise également des cartes de tarot pour influencer les décisions de carrière de Dalí. Selon la plupart des témoignages, Gala a une forte libido et toute sa vie, elle aura de nombreuses liaisons extraconjugales (dont celle avec son ex-mari Paul Éluard), ce que Dalí encourageait, puisqu’il était un pratiquant du candaulisme. En réalité, Salvador Dalí se dit vierge et complètement impuissant, craignant l’anatomie de la femme. Gala assume publiquement ses relations avec d’autres hommes. Pourtant, il semble que leurs relations aient été plutôt harmonieuses. « Je voudrais polir Gala pour la faire briller, la rendre la plus heureuse possible, en prenant soin d’elle plus que moi, car sans elle, tout finirait. » écrit Dalí.

Mais rien ne dure éternellement. À la fin des années soixante, leurs relations commencent à s’étioler, et de leur vie, il ne reste plus que des fragments de leur passion. En 1968, le peintre offre à Gala un château à Púbol, dans la province de Gérone, et il est convenu que le peintre ne pourra pas y aller sans son autorisation préalable. Gala y passe une grande partie de son temps en compagnie de jeunes gens, pour qui elle dépense une fortune. À son tour, Dali se sauve en compagnie de jolies demoiselles, bien qu’il ne veuille rien d’elles hormis leur beauté. On relate qu’il organise des orgies hebdomadaires, bien que, d’après tous les témoignages, l’artiste lui-même n’y participait qu’en tant qu’observateur.

En 1980, à l’âge de 76 ans, Dali est contraint de cesser de peindre en raison d’une paralysie. Le désordre moteur le rend incapable de tenir un pinceau et, à mesure que son état s’aggrave, il devient de moins en moins tolérant à l’égard des relations de Gala. Il faut dire que Gala utilise les revenus de Dali pour entretenir ses amants, pour la plupart de jeunes artistes masculins.

Un jour, l’artiste en a assez. Il bat Gala et lui casse deux côtes. Pour le calmer, elle lui administre de fortes doses de Valium et d’autres sédatifs, ce qui le rend léthargique. Elle lui aurait alors donné « des quantités inconnues d’un ou de plusieurs types d’amphétamines », ce qui aurait causé « des dommages neuronaux irréversibles ».

Gala Dalí décède à Port Lligat, en Espagne, le 10 juin 1982, à la suite d’une forte grippe. Elle sera enterrée à Púbol, en Espagne, dans l’enceinte du château que lui avait offert son mari. Au moment de sa mort, elle entretenait une liaison avec Jeff Fenholt, acteur de « Jésus Christ Superstar », âgé de 22 ans, pour lequel elle avait quitté Dalí.

Mais à la mort de Gala, Dalí perd tout goût à la vie. Il  cesse de s’alimenter, crie et pleure constamment. Il est inconsolable. Il survivra sept ans à sa femme. Ils auront vécu ensemble pendant 53 ans.

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