27 February, 2020
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Excision mortelle en Egypte : les parents d’une fillette arrêtés

6 février : journée mondiale de la lutte contre les mutilations génitales féminines

En plus de nuire aux femmes, les mutilations sexuelles féminines nuisent à l’économie

Quatre personnes ont été arrêtées en Égypte, après le décès d’une fillette de 12 ans lors d’une excision. Les parents figureraient parmi les personnes interpellées. Malgré son interdiction par une loi en 2008, l’Egypte reste l’un des pays où le taux de pratique est l’un des plus élevés au monde. 200 millions de filles et de femmes sont excisées à travers la planète. Ce 6 février se tient la Journée mondiale de lutte contre l’excision et les mutilations génitales féminines.

L’incident tragique s’est déroulé dans le village d’Al-Hawatkeh, non loin de la ville d’Assiout, au bord du Nil dans le centre de l’Egypte.

Une jeune fille d’une douzaine d’années a succombé après avoir subi une opération d’excision dans une clinique privée, selon Abu Dhabi News.

Le médecin et le père de l’enfant victime ont été arrêtés alors que le parquet mène ses enquêtes sur ce crime. La BBC évoque pour sa part 4 arrestations dont la tante et la mère. 

La mort de la jeune fille a provoqué la colère du Comité national pour l’élimination des mutilations génitales féminines, créé en mai 2019 dans le but d’éliminer l’excision, et présidé par le Conseil national pour l’enfance et la maternité et le Conseil national pour les femmes. Lequel a publié une déclaration dans laquelle il condamne « dans les termes les plus énergiques l’incident tragique subi par une fille dans le village d’Al-Hawatkeh ».

Maya Morsi, la présidente du Conseil national des femmes, a exprimé sa profonde colère et ses regrets face au décès d’une nouvelle victime d’excision, dénonçant « l’insistance de certaines familles à sacrifier leurs filles afin de maintenir une pratique sociétale répréhensible ».

La prévention des mutilations sexuelles féminines présente des avantages considérables pour les femmes, les filles, les communautés et l’économie

Sur la base des données provenant de 27 pays à forte prévalence, le calculateur des coûts montre que l’élimination des mutilations sexuelles féminines a des avantages indéniables pour l’économie. S’il était mis un terme à ces pratiques aujourd’hui, les économies réalisées sur les coûts de santé dépasseraient 60 % en 2050.

À l’inverse, si rien n’est fait, on estime que ces coûts grimperont de 50 % dans le même laps de temps, car davantage de filles subiront des mutilations à mesure que la population augmentera.

Depuis 1997, de grands efforts ont été faits pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines : collaboration avec les communautés, travaux de recherche et changements de la législation et de la ligne d’action. Vingt-six pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont clairement légiféré contre ces mutilations, ainsi que 33 autres pays qui accueillent des migrants venant de pays où elles sont pratiquées.

L’OMS collabore également avec les pays pour sensibiliser les agents de santé aux effets préjudiciables de ces pratiques et les associer aux efforts de prévention.

« Beaucoup de pays et de communautés montrent qu’il est possible de renoncer aux mutilations sexuelles féminines », affirme la Dre Christina Pallitto, scientifique à l’OMS. « Si les pays investissent pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines, ils peuvent éviter aux filles d’être victimes de ces pratiques néfastes et promouvoir la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles ». Les mutilations sexuelles féminines sont reconnues au niveau international comme une violation des droits humains. Elles ne présentent aucun avantage médical et n’ont que des effets préjudiciables. La position de l’OMS est qu’elles ne doivent jamais être pratiquées.

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