7 July, 2020
HomeJe m'informeL’éternelle peur de mourir et le tabou de la mort

L’éternelle peur de mourir et le tabou de la mort

Elle est inévitable mais on en parle rarement

« Même la mort n’est pas à craindre pour celui qui a vécu sagement. » – Bouddha

« Je n’ai pas peur de la mort ; je veux juste ne pas être là quand elle surviendra » – Woody Allen

Malgré son caractère inéluctable, la mort est un sujet dont on parle rarement.

Quelle que soient nos croyances personnelles ou notre position sociale, la mort est présente depuis notre premier jour et généralement on n’ose guère y faire face.

Mais, en tant qu’individus, devrions-nous parler plus que nous le faisons de cette continuité, de cette transmission que représente la mort ?

S’agirait-il en effet d’une démarche  saine ? L’ignorer ne nous aidera pas à échapper à l’inévitable, après tout.

La vie est incertaine et remplie d’imprévus. La seule certitude concrète est la mort, mais sa prévisibilité aléatoire ne nous rassure pas pour autant – et c’est compréhensible.

Nous rions souvent d’une référence morbide dans une comédie ou un spectacle, alors que des masses de gens sont exécutés dans une séquence de bataille épique hollywoodienne, mais quand il s’agit de parler de la mort comme issue finale et éternelle, la plupart d’entre nous préfèrent mettre la bouilloire sur la table et passer le sujet sous le tapis.

La majorité d’entre nous ne discutons pas de la fin de notre vie avec nos proches. En fait, une étude de Dying Matters montre que plus de la moitié des Britanniques n’ont pas la moindre idée des souhaits de fin de vie de leur partenaire !

Nous ne trouvons pas l’idée de la mort particulièrement attirante si nous sommes honnêtes. C’est un chemin difficile à parcourir et c’est paradoxalement malgré tout une certaine incertitude que nous gardons enfouis profondément en nous.

La lecture de ‘Not That Kind of Love’ de Claire & Greg Wisen ce récit brut sur le cancer écrit par une sœur et un frère avec humour et franchise, désacralise la mort. Après avoir tourné la dernière page, on réalise que nous devrions peut-être parler plus ouvertement de la mort – car il s’agit d’un prolongement de nous-mêmes – et y être ouvert pourrait moins nous faire craindre le trépas.

« Nous devrons abandonner l’idée que la mort est une catastrophe, ou évitable, ou même étrange. » – Lewis Thomas

Ici, dans notre monde occidental, nous parlons rarement de la mort et de ce qu’elle signifie pour nous. Si vous avez la foi et, par conséquent, la croyance en une vie après la mort, cesser d’exister dans votre forme actuelle peut être beaucoup plus facile à gérer. Cela dit, même certains de ceux qui ont la foi ont peur de mourir.

À l’époque élisabéthaine (16e siècle), l’espérance de vie était beaucoup plus courte (environ 40 ans). Ainsi, les gens savaient, sans aucun doute, que leur séjour sur terre était incroyablement court, ce qui en faisait un sujet de conversation courant.

Puis, au fil des ans, nos conversations autour de la mort ont commencé à s’estomper, jusqu’à ce qu’il soit plus ou moins devenu un vieux tabou. En Asie, les choses sont fondamentalement différentes. Typiquement, dans la culture de l’Asie de l’Est, la mort est considérée comme un moyen de célébrer la vie plutôt qu’une sinistre disparition.

Au Japon chez les bouddhistes, la mort est considérée comme une libération. Les corps sont incinérés et les cendres sont séparées des os. Typiquement, les restes sont partagés entre le temple, et parfois l’employeur du défunt. Culturellement la vie est considérée comme cyclique. Les morts laissent derrière eux un héritage sinueux et reviennent parfois sous une forme spirituelle, détenant le pouvoir sur les vivants.

D’un point de vue moins abstrait, cela a beaucoup de sens : nous vivons une vie, une expérience, nous apprenons – et nous laissons derrière nous une sagesse qui enrichit la vie de ceux qui sont encore en vie.

« Les gens craignent la mort encore plus que la douleur. C’est étrange qu’ils craignent la mort. La vie fait beaucoup plus mal que la mort. Au moment de la mort, la douleur est finie. Oui, je suppose que c’est une amie. » – Jim Morrison

L’application gadget FaceApp qui nous fait paraître des décennies plus vieux a fait tomber une génération du numérique dans une sorte de crise existentielle prématurée. Les résultats de l’application étaient si réalistes que des foules de gens ont commencé à contempler l’image de leur destin futur, une prise de conscience parfois brutale qui a inondé d’anxiété certains corps et cerveaux. Si nous nous exposions plus souvent au sujet plutôt que de le cacher, nous serions peut-être un peu plus à l’aise avec l’idée.

« La vie est courte – cligne des yeux et tu vas la rater. »

Si nous voulons escalader des montagnes, faisons-le. Si nous voulons boire plusieurs verres de bourgogne tout en dansant dans notre salon, faisons-le. Envie d’apprendre le dessin, de devenir expert en Sudoku ou de nous attaquer à l’un de ces défis, faisons-le !

Il n’y a pas de temps à perdre.

Mais au fait, connaissez-vous les souhaits de fin de vie de votre partenaire ?

Share