3 July, 2020
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Des « ballerines du football » au « fuck you » de Megan Rapinoe, star grande gueule du foot féminin

De l’humiliation de 1955 à l’affirmation de 2020 !

A ne pas manquer, regardez, écoutez les commentaires SURREALISTES de ce match de 1955 ! (lien en fin d’article.)

Au début du 20e siècle, la pratique féminine du football connait un grand succès avant d’être interdite dans certains pays, dont la France. Après la Seconde guerre mondiale, les femmes chaussent à nouveau les crampons mais à l’époque le public et les journalistes ne semblent pas encore prêts !… 

Preuve en est : ce reportage et son commentaire d’une misogynie peu commune. Le commentateur débute le sujet sur une note fromagère (normal, le match se joue en Hollande…) Puis vient le tour des sportives :
« La gardienne de but ne peut plonger car elle rebondirait »

« Quant à l’autre, son indéfrisable lui interdit de faire une tête »


« Et puis tout compte fait pourquoi ne pas rentrer à la maison faire le ménage ? »…

« Des joueuses qui paraissent très timorées »,

Si vous avez survécu à tant de bêtises, continuons…

Dans les années 70, plusieurs clubs voient le jour en Normandie. Une section féminine est créée au Stade Malherbe de Caen. En 1977, France 3 y consacre un reportage. En vingt ans les choses ont forcément évolué non ? Eh bien non, là encore, on associe les femmes à la maison. La journaliste est une femme mais ses questions nous surprennent encore aujourd’hui : « entraîneur, est-ce que c’est un métier difficile,  et si vous étiez mariée, est-ce que vous pourriez le faire correctement ? ».


Respirons enfin avec Megan Rapinoe qui porte ses idées hautes et fortes tant sur la pelouse qu’en dehors.

L’image a suscité la polémique. Seule, le genou à terre, pendant que l’hymne national américain retentit dans le stade de Bridgeview (Illinois). Ses coéquipières du Seattle Reign FC sont debout, la main sur le cœur. Elles s’apprêtent à rencontrer les Chicago Red Stars, lors d’un match du championnat professionnel américain, le 4 septembre 2016. Ce geste politique, totalement assumé, fait écho à celui du quaterback des San Francisco 49ers, Colin Kaepernick, qui avait refusé de se tenir debout en signe de protestation face à l’oppression de la communauté noire américaine. En apportant son soutien à Kaepernick, Megan Rapinoe devient la première athlète blanche à rejoindre ce mouvement, qui s’insurge également contre les violences policières.

Silence

La prise de position de «Pinoe» ne lui a pas valu que des commentaires admiratifs. Elle lui a même apporté de nombreuses critiques. A commencer par celles de la Fédération américaine, qui a vivement dénoncé l’attitude de la joueuse phare de l’équipe nationale, championne olympique et championne du monde en 2015. Elle est alors écartée de la sélection nationale pendant plusieurs mois.

Qu’importe, la forte tête des Etats-Unis assume. « En tant qu’homosexuelle américaine, je sais très bien ce que signifie regarder le drapeau et ne pas avoir le sentiment qu’il protège toutes vos libertés, explique-t-elle à l’agence Associated Press. C’était une petite chose que j’étais en mesure de faire et que je compte continuer à faire. En espérant que cela fera parler. » Depuis, celle qui est devenue cocapitaine des « Stars and Stripes » poursuit son combat : ce n’est plus le genou qu’elle plie qui porte ses revendications, mais son silence.

Lors de la finale, la milieue de terrain aux cheveux roses n’a pas dérogé à sa règle et s’est tue lorsque les premières notes de The Star-Spangled Banner se sont fait entendre.

Un silence devenu sa manière de dire « fuck you » au gouvernement américain.

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