12 November, 2019
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Comment devenir une muse d’artiste ?

La muse de l’artiste est l’une des figures les plus romancées de l’histoire de l’art.

La muse de Klimt, amie de toujours (et peut-être plus), fut la couturière avant-gardiste Emilie Flöge. Ensemble, ils ont collaboré de manière créative tout au long de leur vie. Klimt concevait des robes pour la société d’Emilie Flöge, Emilie Flöge dessinait des robes qu’elle portait lors de ses poses pour le peintre.

Rien à voir avec l’image traditionnelle de la muse – cette jeune et belle femme « découverte », polie et présentée au monde sur un plateau d’argent par un génie créateur (blanc, masculin.) Position qui commence à voler en éclat aujourd’hui. Pourquoi ? Eh bien, d’une part, #MeToo a fait exploser le statu quo de la dynamique du pouvoir entre les sexes. Et dans le même temps, le monde de l’art, suivant la culture Millennial et Genération Z, s’efforce de décoloniser sa pensée. Terminé celle qui glorifie le grand artiste et reste coincée dans son rôle d’égérie.

Les muses à travers les âges

Dans le passé, les artistes masculins blancs ont accaparé le  « génie créatif », alors que, paradoxalement, les femmes et les personnes de couleur ont inspiré de nombreux chefs-d’œuvre de l’art occidental. Pensez aux femmes tahitiennes de Gauguin, à « La Grande Odalisque » d’Ingres, aux « Femmes d’Alger dans leur appartement » de Delacroix, ou à l’ensemble du mouvement orientaliste du XIXe siècle.

De célèbres couples artistes-muses comme Picasso et Marie-Thérèse Walter ou Rodin et Camille Claudel sont gravés dans l’histoire de l’art. Il a fallu de temps pour réaliser que ces femmes étaient des artistes à part entière. Prenez le cas de Rodin et Claudel – elle était une sculptrice accomplie et a collaboré avec Rodin, mais l’histoire l’a longtemps considérée comme un simple modèle, amante et muse.

La muse moderne

Même aujourd’hui, le modèle de muse en tant que sujet passif est reproduit implicitement dans le travail d’artistes tels que Nobuyoshi Araki ou Henrik Purienne, dans des genres très différents. Entre ce qui est montré (des femmes posant souvent nues)  et la réalité, il y a un grand écart. Bien que l’art puisse être audacieux et visionnaire, le public n’a pas l’opportunité de voir les coulisses de la relation. Par exemple, l’artiste japonais Nobuyoshi Araki, célèbre pour son art érotique controversé, décrit son modèle/muse Kaori comme sa maitresse. Mais elle dresse pour sa part un tableau très différent : une relation d’affaires mal définie, semée de malhonnêteté, parfois proche de l’exploitation, bien que leurs relations sexuelles soient parfaitement consenties.


Mais cela ne signifie pas que toutes les muses doivent « raccrocher » leurs rôles de muse pour de bon. La recherche constante d’inspiration est un élément essentiel du métier d’artiste. Qui n’a pas été électrisé par l’aura d’un ami, d’un musicien célèbre, d’une jolie femme ? Le rôle de la muse est essentiel dans l’univers de l’art, et cela ne changera pas de sitôt. Pour un jeune artiste en herbe, collaborer avec une artiste plus mature peut être extrêmement stimulant et l’aider à progresser dans son métier.

Réflexions sur les muses

Nous devons arrêter de mettre ces relations dans une boîte aussi rigide. Si vous pouvez être avocat, guérisseur de Reiki, blogueur végétalien et DJ house en même temps, je pense que vous pouvez également être une muse et avoir votre propre carrière/vie intime/pratique artistique.

En fait, nous devrions changer notre façon de penser la relation artiste/muse et y voir une  collaboration, un échange d’idées et d’inspiration toujours plus fluide, et non un canal à sens unique.

Alors, vous postulez ?

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