16 December, 2019
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Blanche Gardin, cette féministe qui aime les hommes

Les contours d’un nouveau féminisme sans victimisation

Blanche Gardin invite à penser les contours d’un nouveau féminisme : sans victimisation, pragmatique et dédramatisant, celui-ci envisage une certaine manière d’être femme, sans volonté particulière de le revendiquer, de parler ou d’apparaître en tant que telle – attitude au monde plus qu’appartenance à un ordre – à travers laquelle on pourrait, en tant qu’individu fort plutôt qu’en tant que «femme», décider que tout ne fait pas symptôme, choisir d’ignorer les regards, les sifflements lourds, les pénibles «mademoiselle», les intolérables et odieux «femelle» ou «sale pute», les mépriser sans s’appesantir, cultiver – dans notre intérêt – une indifférence délibérée, non par reddition mais par conviction, au contraire, que nos forces vives doivent servir non pas seulement à réagir mais à agir, c’est-à-dire à créer, à inventer des discours neufs, des œuvres inédites, des situations premières, à l’image de l’humoriste.

Ce néoféminisme tire les leçons de l’ère #MeToo (sans la désavouer pour autant, mais en en soulignant les excès parfois infantilisants pour les femmes) : à la déperdition d’énergie des saillies belliqueuses de celle-ci, le féminisme flegmatique de l’humoriste invite à préférer et à pratiquer un «souci de soi» – un exercice de notre liberté – accroissant notre puissance et notre présence d’abord en tant qu’individu et, par-là, de facto, en tant que femme.

La parole de Blanche Gardin est libre.

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