20 January, 2020
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Banksy joue les Pères Noël

À quelques jours de Noël, l’artiste s’empare de la cause des SDF

L’artiste britannique Banksy a encore frappé ! Un artiste de street-art engagé qui n’hésite pas à dénoncer ainsi qu’à provoquer. Un engagement qui a fait de lui un artiste connu et reconnu au sein de la sphère artistique contemporaine. Il interpelle les citoyens sur les problématiques du monde qui est le nôtre par le biais de l’humour, de la poésie et du second degré.

Banksy ne se défile pas, ne fleurit pas, n’idéalise pas. Il dénonce et montre la réalité telle qu’elle est.

A l’approche des fêtes de fin d’année, il nous dévoile une toute nouvelle production sur un mur de Birmingham, dans le centre de l’Angleterre.

L’œuvre, réalisée au pochoir, a surpris les passants, le week-end dernier.

L’insaisissable artiste a décidé de braquer cette fois les projecteurs sur la question de l’exclusion des Sans Domicile Fixe. Sur une peinture murale, on voit deux rennes volant, tirant un sans-abri sur un traîneau.

Une vidéo publiée sur le compte Instagram de Banksy montre un SDF, Ryan, allongé sur son banc, faisant écho à l’image traditionnelle du Père Noël sur son traîneau.

« Pendant les 20 minutes où nous avons filmé Ryan sur ce banc, les passants lui ont donné une boisson chaude, deux barres chocolatées et un briquet, sans qu’il ne demande jamais rien », écrit Banksy.

La vidéo a fait près de 3 millions de vues les premières 24 heures, créant le buzz dans le monde entier et dans la ville où les deux rennes se sont vus affublés d’un nez rouge dans les heures qui ont suivi le dévoilement de la fresque murale.

Une clôture de protection était en place mardi, empêchant tout autre ajout à la conception.

Mercia Buddle, une passante, écrit que c’est généreux pour la ville. « Les visiteurs affluent et ils viennent probablement de tous les Midlands, » dit-elle. « Et bien sûr, c’est génial de mettre l’accent sur l’errance quand le SDF était sur le banc, donc c’est utile. »

Les œuvres de Banksy, qui n’a jamais révélé son identité, ont désormais pris une valeur inestimable. Un grand tableau, représentant des chimpanzés siégeant au parlement britannique, s’est vendu aux enchères plus de 12 millions de dollars en octobre dernier, un record.

Toujours en octobre, Banksy a ouvert sa propre « boutique en ligne », vendant des œuvres pour à peine 10 livres à des acheteurs choisis au hasard et qui pouvaient répondre à la question : « Pourquoi l’art est-il important ? »

Mais en permettant aux sans-abris d’attirer l’attention sur leur propre réalité, Banksy évite la tendance déprimante de l’art à les abstraire et à leur voler leur identité, à se livrer à la banalité ou à exploiter une réalité désespérée pour un effet esthétique.

C’est de l’art de rue et c’est stupéfiant.

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