9 December, 2019
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Alors tes vacances entre potes…

c’était comment ?

Ça, c’est la phrase qui nous agace, qui nous donne des remontées acides, quand on vient de rentrer après quinze jours passés dans un lieu “ amaziiiiing “, avec nos « meilleurs potes » et tout un wagon de nains de jardins, tout aussi mal élevés les uns que les autres.

Hé ouais, une fois rentrés, ce ne sont plus nos « meilleurs potes ». On les déteste, comme eux peuvent nous détester.

Soyez honnêtes… c’est souvent l’ENFER ! Le cauchemar… les vacances entre copains et enfants de copains, non ?

Vous avez loué une super maison avec piscine en Provence. Vous partez avec un couple d’amis et leurs deux enfants en bas âge, ça fait déjà quatre personnes. Vous, votre mec, votre bout de chou et votre pré-pubère, on arrive à huit personnes, et l’autre couple (que vous ne connaissez pas beaucoup, car ce sont des copains de vos copains) qui vient se greffer avec son ado de 16 ans qui fait non-stop la gueule avec un téléphone portable greffé au bout des doigts. On arrive à une joyeuse bande de 11 individus… une vraie équipe de foot.

La tension démarre en général devant la belle demeure (demeure qui a, normalement, tous les atouts pour passer de belles vacances). Mais à la répartition des chambres… ça commence ! Et c’est un festival de : « Nous, on prend la chambre qui donne sur la piscine… Ah, ben, pourquoi c’est vous qui prendriez la plus belle chambre ? Nous on ne dort pas à l’étage, hors de question ! »… et voilà, ça commence toujours comme ça les vacances entre potes… qui va dormir où ?

Alors pour ne pas se foutre sur la gueule dès le premier jour, la répartition se joue à la courte paille. Et en général, comme vous n’avez jamais de chance au jeu, vous héritez de la chambre la plus pourrie.

Après les chambres… les courses.

En général, quand on part en troupeau, on organise un “ pot commun courses “.

Puis on divise par le nombre d’enfants par famille. Et ça finit toujours comme dans le sketch “ L’Addition “ de Muriel Robin… « Oui, mais nous, on a juste un ado… Et nous, on a deux petits enfants, ça mange moins qu’un ado… Moi je suis végétarienne, je ne me nourris que de salades et de concombres… Moi, je ne bois plus, alors je ne vois pas pourquoi je participerais au poste rosé-bières… Moi, je ne mange que bio… Je suis le roi du barbeuc, ça sera grillades midi et soir ! »… Etc, etc…

Il y en aura toujours un qui prendra la tête à la communauté.

Ah, c’est pas facile le vivre ensemble… même pour une quinzaine de jours !

Et puis il y a la fille qui achète ses propres produits solaires avec le « pot commun courses » (la salope, elle est gonflée quand même !), et comme on est bonne poire, on n’ose rien dire. Mais on rumine pendant quinze jours.

Et la liste de trucs qui énervent continue… l’ado qui vide le frigo en rentrant de boîte vers 4 heures du mat. La fille qui ne fait jamais la cuisine, qui passe son temps à se mettre du vernis qui pue au bord de la piscine, car elle est en vacances pour ne RIEN faire.

Ça c’est  hyper énervant ! Surtout quand vous ne connaissez pas très bien cette nana, car c’est la pote de vos potes… et qui en plus est une vraie allumeuse avec votre mec… et à cause d’elle, vos remontées acides sont insoutenables, et ce n’est pas le rosé de l’apéro qui va vous soulager.

Et puis les enfants qui hurlent dans la piscine, et bien sûr ce ne sont jamais les vôtres (mouais…) Le petit con de vos potes qui tape toujours votre petit poussin et qui le fait pleurer non-stop… Et toujours la même petite terreur et son frère qui se réveillent chaque matin à 7 heures en passant devant votre chambre en se chamaillant, pendant que leurs parents dorment à poings fermés… ça c’est agaçant… c’est même très très agaçant.

Et la journée : « sortie culturelle » dans la région… on en parle ?

Vu que vous êtes venus en troupeau, vous partez découvrir le coin en voiture… Bonjour l’empreinte carbone avec trois voitures qui se suivent façon convoi de l’ONU dans les ruelles étroites des petits villages aux alentours !

Bref, vous rentrez le soir : rincés, énervés, brûlés par le soleil et les remontées acides, les bras chargés de merdes que vous avez achetées sur la route : cigales en porcelaine pour mettre sur le mur de votre cuisine parisienne (mais pourquoi on a acheté ça ?). Sachets de lavande qui donnent envie de vomir. Sac en macramé où il est brodé dessus « I love provence », avec l’anse qui pète au bout de deux jours. Et le plus exceptionnel… la jupe provencale. Non mais « Allô » ???  Vous allez la porter quand cette jupe jaune à motifs floraux rouges et verts. Achat compulsif incontrôlable…

Eh oui, ça se passe souvent comme ça les vacances entre potes.

C’est pour ça que cette année, j’ai décidé d’aller passer quinze jours en Bretagne, chez ma mère…

Je sais, c’est très kamikaze… et ça fera un très joli sujet, prochainement.

Allez, passez de belles vacances avec ou sans potes !

Véronique Grisseaux (scénariste)

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