8 July, 2020
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140 millions de femmes sont sexuellement mutilées.

Par mutilation génitale féminine (MGF) ou excision (MGF/E), on entend : percer, couper, enlever ou coudre tout ou partie des organes génitaux externes d’une fille ou d’une femme sans aucune raison médicale.

Où les mutilations sont-elles pratiquées ? Elles le sont principalement dans des régions d’Afrique septentrionale et centrale, dans le sud du Sahara, ainsi que dans des régions du Moyen-Orient et d’Asie. Certains immigrants aux États-Unis et en Europe occidentale originaires de ces pays les pratiquent également, ou renvoient leurs filles dans leur pays d’origine pour y faire réaliser les interventions.

Combien de jeunes filles et de femmes sont touchées ? On estime qu’entre 100 et 140 millions de femmes encore en vie ont subi une mutilation génitale. Chaque année, trois millions de jeunes filles et de femmes sont susceptibles d’en subir. Le pourcentage de femmes excisées est très différent d’un pays à l’autre. En Indonésie, de 86% à 100% de la population féminine est victime de ces pratiques barbares. En Guinée et en Somalie, on arrive à un taux de 95%. À Djibouti, en Égypte, en Érythrée et au Sierra Leone, cette proportion avoisine les 90%. En revanche, au Cameroun et en Ouganda, moins de 2% des filles et des femmes sont excisées.

Pourquoi sont-elles pratiquées ? Elles font souvent partie de la culture et des traditions des pays ou communautés où elles sont réalisées. Les raisons sont souvent complexes et peuvent évoluer avec le temps. « L’acceptabilité sociale » en est la raison la plus courante : les familles sont souvent sous pression pour que leurs filles soit mutilées. Dans le cas contraire, elles sont exclues par leur communauté. Certains avancent des questions d’hygiène. Les organes génitaux externes des femmes (le clitoris ou les lèvres, ou les deux) seraient impurs. D’autres parlent de rites de passage. Les excisions font partie du rituel par lequel une jeune fille doit passer pour être considérée comme une femme. D’autres encore mettent en avant le devoir religieux, bien qu’aucun texte sacré n’appelle à la mutilation. Il y a aussi la volonté de contraindre les femmes à la virginité avant le mariage. Et puis cette croyance : les mutilations féminines augmenteraient le plaisir sexuel de l’homme…

Comment les mutilations affectent-elles la santé de celles qui les subissent ? Il y a la souffrance physique, dans des zones où les terminaisons nerveuses sont démultipliées par rapport au reste du corps. Pas d’anesthésies, pas d’anti-inflammatoires, pas d’antidouleurs dans la majorité des cas. Il peut y avoir des hémorragies. La plaie peut aussi s’infecter. Tétanos, maladies infectieuses telles que le VIH, etc, causées par des outils non stérilisés. Il n’y a pas de chiffres sur le taux de mortalité lié à des mutilations génitales. Peu de registres sont conservés et les décès ne sont souvent pas rapportés comme liés aux MGF. Ce dont on est certain : les MGF ne présentent aucun avantage pour la santé et peuvent avoir des conséquences graves.

Que dit la loi ici et ailleurs ? Les mutilations sont illégales en Europe, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays, qui les considèrent comme une violation des droits des femmes et une forme de violence envers les enfants.

Parle-t-on de coutume ancestrale ou de rite barbare ?

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